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Du TARMED au TARDOC — MEDERI
Tarification médicale

Du TARMED au TARDOC : ce qui change vraiment, et ce qu'en pensent les médecins

Depuis le 1er janvier 2026, le TARMED appartient à l'histoire. Après plus de vingt ans d'existence et des années de négociations, le TARDOC est entré en vigueur. Un changement majeur pour tous les cabinets médicaux — mais pas nécessairement perçu de la même façon selon la spécialité et le mode d'exercice.

Pourquoi remplacer le TARMED ?

Introduit en 2004, le TARMED avait une ambition claire : unifier la facturation ambulatoire en Suisse et remplacer les quelque 26 systèmes cantonaux disparates qui existaient alors. Il a rempli cet objectif. Mais il n'a jamais été révisé en profondeur depuis son introduction. En vingt ans, la médecine a évolué — les technologies, les actes, les durées de consultation, la télémédecine — tandis que le tarif restait figé.

Le résultat : un système truffé d'incohérences. Des prestations surévaluées là où la technologie avait réduit les coûts (certains actes de radiologie, chirurgie ambulatoire), et des prestations chroniquement sous-évaluées là où le temps médical est irremplaçable (consultations longues, coordination, médecine de famille). Une distorsion qui a contribué, pendant deux décennies, à rendre la médecine générale financièrement peu attractive.

TARMED vs TARDOC : les différences clés

TARMED (jusqu'au 31.12.2025) TARDOC (dès le 01.01.2026)
Positions tarifaires Plus de 4 600 positions Environ 1 373 positions — catalogue simplifié
Facturation du temps Par tranches de 5 minutes À la minute, dès la 6e minute
Médecine de famille Peu valorisée, pas de chapitre dédié Chapitre spécifique (CA), consultations longues mieux reconnues
Révision tarifaire Aucune révision complète en 20 ans Mises à jour annuelles via l'OTMA SA
Forfaits Absents 315 forfaits ambulatoires pour les actes standardisés
Spécialités techniques Souvent surévaluées Tarifs revus à la baisse pour certains actes (chirurgie, imagerie)
Neutralité des coûts Non prévue Garantie 2026–2028 (±1,5 % / an), plafond 4 % par an
Valeur du point Variable selon cantons Entre 82 et 96 centimes selon les cantons (2026)
+10 CHF de plus pour une consultation de 20 min. (estimation RTS, jan. 2026)
91 % des prestations en cabinet facturées via le TARDOC
9 % via les forfaits ambulatoires pour les cabinets
2026–28 période de neutralité dynamique des coûts garantie

Ce que les médecins en pensent vraiment

La réforme ne fait pas l'unanimité. Les perceptions divergent selon la spécialité, l'âge du praticien, et le type d'exercice. Voici les positions les plus représentatives que l'on retrouve dans les discussions professionnelles.

Favorable

Les médecins de famille et pédiatres saluent la meilleure reconnaissance des consultations longues et complexes. La création d'un chapitre dédié à la médecine de premier recours est vécue comme un signal fort après des années de sous-valorisation.

Préoccupé

Les spécialistes à forte composante technique — chirurgiens, radiologues, ophtalmologues — voient certains de leurs tarifs revus à la baisse. Les examens standardisés et les actes préventifs sont particulièrement touchés.

Attentiste

Une large partie du corps médical adopte une posture d'attente : le principe du TARDOC est accepté, mais l'impact réel sur les revenus ne pourra être mesuré que dans la pratique. Les simulations théoriques ne remplacent pas l'expérience du terrain.

Critique sur la charge

Plusieurs praticiens expriment des réserves sur la complexité de la transition : migration des logiciels, formation du personnel administratif, gestion des droits acquis, encodage des diagnostics. Le changement est perçu comme une charge de travail supplémentaire à court terme.

Systémiquement positif

La possibilité de révision annuelle des tarifs est unanimement saluée. L'un des défauts structurels du TARMED était son absence de mécanisme d'adaptation. L'OTMA SA, chargée de la maintenance du système, représente une avancée institutionnelle réelle.

« Le travail de coordination entre les différents acteurs de la santé n'était pas reconnu et rendait la profession de médecin de famille ingrate. Le TARDOC corrige cela. »

— Joy Demeulemeester, spécialiste en assurances sociales, RTS On en parle, janvier 2026

La question de la neutralité des coûts

L'une des exigences centrales du Conseil fédéral lors de l'approbation du TARDOC (30 avril 2025) était la neutralité des coûts : le changement de système ne doit pas entraîner une hausse des dépenses de santé ambulatoires. Les partenaires tarifaires ont garanti cette neutralité pour la période 2026–2028, avec une tolérance de ±1,5 % par an et un plafond absolu de 4 %.

Cette contrainte est à double tranchant. Pour les médecins dont les tarifs augmentent, elle signifie que ces gains sont compensés par des baisses ailleurs dans le système. La neutralité n'est pas un bénéfice global — c'est une redistribution. Et c'est précisément ce qui explique les tensions entre spécialités.


Ce que cela signifie concrètement pour un cabinet

La transition a imposé des changements opérationnels concrets à tous les cabinets médicaux dès janvier 2026 :

Nouvelle nomenclature

Les codes TARMED ne sont plus valables. Chaque acte doit être encodé selon les codes TARDOC du CPTMA (catalogue complet des positions tarifaires médicales ambulatoires).

Mise à jour logicielle

Les logiciels de gestion de cabinet (MediOnline, Mediway, emedSwiss et autres) ont dû intégrer la nouvelle structure. Des tests en parallèle étaient recommandés fin 2025.

Formation du personnel

Les assistantes médicales chargées de la saisie des prestations ont dû se former à la nouvelle logique d'encodage. La FMH et la Caisse des médecins ont proposé des webinaires dédiés.

Droits acquis

Les médecins qui facturaient des prestations hors de leur titre de spécialiste devaient déposer une demande auprès de l'OTMA SA avant le 15 novembre 2025.

Diagnostic obligatoire

La transmission du code diagnostique est une obligation légale sous TARDOC. Un effort d'harmonisation entre les cantons et les spécialités est en cours via la FMH.

Simulation financière

L'outil Doppio, développé par la Caisse des médecins, permet de convertir des positions TARMED en TARDOC et de simuler l'impact sur les factures.

Un bilan encore en construction

La réforme n'a que quelques mois d'existence à l'heure où ces lignes sont écrites. Les premiers retours du terrain sont mitigés — certains cabinets constatent une légère hausse de leurs recettes pour les consultations longues, d'autres font face à des difficultés d'encodage ou à des refus de remboursement liés à des erreurs de codification.

Le principal enseignement de cette transition est peut-être structurel : le TARDOC est un système vivant, révisable annuellement, doté d'une gouvernance adaptée. Ce que le TARMED n'a jamais été. La question n'est plus de savoir si le changement était nécessaire — il l'était. Elle est désormais de savoir si les acteurs du système sauront utiliser ces mécanismes de correction pour rééquilibrer durablement la tarification au profit de la médecine de proximité.

Chez MEDERI, nous accompagnons nos médecins partenaires dans la transition vers le TARDOC — formation, mise à jour des outils de facturation, simulation des impacts financiers. La maîtrise du nouveau tarif est l'une des dimensions du soutien que nous apportons à chaque cabinet du réseau pour leur permettre de se concentrer sur ce qui compte : le soin.

MEDERI — Réseau de cabinets médicaux en Suisse romande
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